Revue de presse ET SI C’ÉTAIT NIAIS

Le Goncourt à Fioretto

Les Echos n° 19996 du 04 Septembre 2007 • page 12

On le tient le Goncourt 2007, inutile de barguigner. Il s’appelle Pascal Fioretto et son livre « Et si c’était niais ? », publié chez Chiflet & Cie (210 pages, 15 euros). Il raconte une prérentrée littéraire qui se passe mal. Au printemps, la romancière Christine Anxiot n’a toujours pas remis son manuscrit annuel. Son éditeur déclenche une enquête sur la disparition, mais les enlèvements d’écrivains se multiplient. Le commissaire s’appelle Adam Seberg. Clara l’a plaqué et depuis il a des irritations à l’entrecuisse. Il est beau, sensible, cultivé. Son adjoint, Glandard, est moche, obèse, borné et abonné à « Tiercé Magazine ».

Fioretto écrit les chapitres de ce polar tendance Peter Sellers à la manière de onze écrivains français. Le premier s’appelle Denis-Henri Lévy et le chapitre « Barbès vertigo ». « Aventurier de la Liberté, randonneur de la Lumière et campeur de la Raison, j’avais déjà beaucoup bourlingué. Trop peut-être. De Berlin à Moscou, de Tanger à Zagreb, de Pékin à Ramatuelle, dans l’espace et dans le temps, en hors-bord ou en avion. Dans ma tête aussi. Mais jamais, je n’étais venu aussi loin de ce côté-ci de la Seine. » Ensuite, place à Christine Anxiot. « J’ai beaucoup écrit. Lettre E. Ecrire comme on s’é-crie. Crier comme crie “hé”. Même encore, s’il faut. Vouloir. Avant, c’était tip, tap. Machine à ruban. Cling ! Fin de ligne. Touche enfoncée. Dans le trou. Au fond. Bien enfoncée. La touche. » Tous y passent, Fred Wargas, Marc Levis, Mélanie Notlong, Pascal Servan, Bernard Werbeux, Jean d’Ormissemon, etc. C’est un régal. On a envie de tous les citer. Juste, un dernier extrait, pour la rentrée. Il est signé Frédéric Beisbéger. « Où en suis-je de mon époque ? En plein after ? En before ? In the middle ? De temps en temps, entre deux vodkas (à 12 euros l’une), je m’envoie discrètement trois ou quatre Cocaïna 5 CH. »

Le pastiche se fait rare depuis la disparition du regretté Jean-Louis Curtis (1917-1995). Cela donne envie de relire « LaChine m’inquiète » (J’aiLu), où il pastiche Proust, Léautaud, Julien Green, Malraux, Claudel, Céline. Le pastiche est « une exaltation de jeune écrivain lettré », dit Charles Dantzig (*)
Il faudrait distribuer « Et si c’était niais ? » à tous les Français. Cela leur donnerait un moral de béton. Et cela coûterait moins cher que n’importe quel « paquet fiscal ». En cas de réclamation, on peut toujours se plaindre à l’auteur, ici. Nous, on en redemande, du Fioretto. Après le Goncourt, il faudra penser au Nobel.

EMMANUEL HECHT

(*) « Dictionnaire égoïste de la littérature française », Grasset, 2005.


Le Canard enchaîné

22/08/07

« On sait le pastiche art salutaire mais périlleux. Pascal Fioretto y
excelle, avec cette élégance suprême : on rigole de ces savoureuses
imitations même si on n’a pas lu ses victimes (ouf!). Mieux : il dispense de
les lire. Avec une telle réussite, cette fine plume n’est pas à l’abri d’une
mauvaise surprise : un prix littéraire par exemple, pour lui apprendre les
bonnes manières de l’édition. »


L’Express

FEU SUR LA RENTREE LITTERAIRE

Par Delphine Peras, publié le 30/08/2007

Pascal Fioretto s’est amusé à pasticher une dizaine d’écrivains célèbres. Hilarant! C’est d’ailleurs l’avis de plusieurs d’entre eux, qui ont accepté de réagir.

C’est le livre qui déride tout Saint-Germain-des-Prés: Et si c’était niais?, le nouveau pastiche désopilant de Pascal Fioretto. Cet esprit malicieux imite 11 de nos fameuses plumes nationales pour raconter un polar échevelé, sur fond de rentrée littéraire. Soit 11 textes impressionnants de fidélité au style, à l’univers, mais aussi aux travers de chaque auteur. Mention spéciale à Barbès-Vertigo, par Denis-Henri Lévi, Pourquoi moi?, de Christine Anxiot, Les Limbes pourpres du concile des loups, par Jean-Christophe Rangé, Tais-toi si tu veux parler, de Fred Wargas, ou encore à Et si c’était niais?, de Marc LévisÆ, très réussis et très drôles. Si Amélie Nothomb, épinglée dans Hygiène du tube (et tout le tremblement), de Mélanie Notlong, s’est dite juste «amusée et flattée», d’autres écrivains ont accepté de réagir plus en détail à leur pastiche.

Anna Gavalda, auteur de “Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part”, a lu “Quelqu’un m’attend, c’est tout”, d’Anna Galvauda

«Lire du Gavalda, c’est déjà pas une sinécure, mais lire du pastiche de Gavalda, c’est carrément trop pour moi! Donc, concrètement, je ne le lirai pas – en fait, je ne lis rien me concernant, la grosse bête est trop sensible. Mais je trouve ça plutôt flatteur. Le titre me fait rire (tous les titres d’ailleurs). C’est de bonne guerre et c’est bon enfant. Quelqu’un qui l’a déjà lu m’a raconté qu’à un moment, dans un dialogue, mes “personnages” s’embrouillaient et ne savaient plus lequel des deux s’exprimait. ça, c’est bien vu. Du coup, en reprenant mon manuscrit en cours, je suis allée vérifier mes incises pour voir si j’étais plus claire cette fois-ci… Eh oui, la grande vertu des caricatures, c’est leur justesse… Bref, c’est exactement ce que je vous disais: “Sensible.”»

Bernard Werber, auteur des Fourmis, a lu “Des fourmis et des anges”, de Bernard Werbeux

«Excellent! Vraiment du grand art! L’auteur a dû se donner beaucoup de mal pour entrer dans mes pas et arriver à créer des décalages sans tomber dans les facilités. L’ensemble est léger, rapide, et permet des surprises qui donnent à ce texte toute sa saveur. Il a même réussi la performance remarquable d’arriver en 11 pages à faire des clins d’oeil à la plupart de mes 13 ouvrages parus à ce jour. Il a bien compris le principe des petits chapitres, qui permettent d’avoir l’effet de cinéma, mais, sur une dizaine de pages, ça donne un effet encore plus visuel. Les clins d’oeil scientifiques sont très drôles et le traitement de l’”administration du paradis” est bien vu. Chapeau l’artiste!

Signé: le Chauve à lunettes…»

Marc Levy, auteur d’”Et si c’était vrai”…, a lu “Et si c’était niais?”, de Marc Lévis,

«J’ai trouvé ce texte hilarant. Je me suis vraiment tenu les côtes. Indépendamment de la caricature, il y a des dialogues irrésistibles, un second degré très drôle, notamment au début, à propos de l’Airbus A 340, “quadriréacteur d’une longueur de 208 pieds et 18 pouces”, ou encore ce bon mot du héros à l’hôtesse de l’air: “Voler avec vous, ce n’est pas du vol! ” D’autres passages m’ont énormément fait rigoler – quand Sylvia est dans son dressing et hésite entre des tas de tenues différentes: “une robe à bretelles, une jupe droite, un pantalon, une saharienne en toile, un blazer Ségolène, une jupe fourreau”, etc. Ou encore lorsque Sylvia passe un scanner et qu’Adam commente son hypothalamus. Qu’est-ce que j’ai ri! L’humour, c’est savoir se moquer de soi-même, non? Si Pascal Fioretto veut recommencer avec mes autres romans, qu’il ne se gêne pas! D’ailleurs, j’ai transmis son livre à mon agent, Suzanna Lee. Seul bémol: le titre, un peu facile.»

Frédéric Beigbeder, auteur de “99 Francs”, a lu “64% (soixante- quatre pour cent)”, de Frédéric Beisbéger

J’adore! J’ai rarement autant rigolé. Qui a écrit ça? Alain Minc? C’est super bien fait: les anglicismes, les citations de marques, les thèmes, les obsessions débiles comme la drogue ou les lieux branchés… C’est à la fois très rassurant (si on peut m’imiter, cela veut dire que j’existe) et très vexant (comme n’importe quelle caricature, c’est à la fois outrancier et réducteur). J’ai vraiment éclaté de rire, c’est le principal: bravo!»

Jean-Christophe Grangé, auteur de “L’Empire des loups” et des “Rivières pourpres”, a lu “Les Limbes pourpres du concile des loups”, de Jean-Christophe Rangé

«C’est super marrant! J’ai trouvé ce pastiche hilarant, très rigolo, avec beaucoup d’humour. Pascal Fioretto a pointé tous mes tics en les amplifiant, le principe même de la caricature, et c’est une vraie leçon pour moi: à l’avenir, il faudra que je me calme sur mes exagérations et mes métaphores liées à la violence! On sent que Fioretto a potassé son sujet et vraiment lu ceux qu’il pastiche. J’ai hâte de lire les autres!»

Jean d’Ormesson, auteur de “C’était bien”, a lu “C’était rudement bath’”, de Jean d’Omissemon (de la française Académie):

«Ce pastiche m’a beaucoup amusé, mais je me garderai bien de le commenter, car je risque à mon tour de me couvrir de ridicule! Je me demande tout de même si, dans mon prochain livre, je vais reproduire les tics relevés par Pascal Fioretto ou si je produirai de nouveaux aphorismes… En fait, je pense à ce mot de Frédéric Berthet: “Etre pastiché, c’est l’assurance qu’on est hors d’atteinte.” J’ai beaucoup ri, mon orgueil n’a pas souffert, j’en tire au contraire une certaine vanité!»


LIRE

Après s’être fait les dents en pastichant Dan Brown, Pascal Fioretto récidive aux dépens d’une dizaine d’écrivains de langue française, à qui les médias ou la fortune, sinon le talent ou les académies, ont déjà souri. Mais au gré de ses personnages – Mélanie Notlong, Marc Levis©, Christine Anxiot ou Anna Galvauda – Fioretto ne se contente pas d’écrire «à la manière de». Et si c’était niais? est un roman, un pur polar sur «la rentrée littéraire assassinée». Un même fil dramatique sous-tend les onze pastiches. Quel est le justicier de la République des lettres qui fait trembler nos auteurs à succès? Mettra-t-il ses menaces à exécution? Il fallait s’y attendre: le plus mondain de nos aventuriers de la liberté est le héros du premier des extraits choisis par Lire, épisodes pareillement espiègles et savoureux. N’écoutant que son courage, Denis-Henri Lévy n’hésite pas à s’aventurer, tel Lawrence d’Arabie, dans le Paris sauvage et maudit: la rive droite.

Frédéric Beigbeder :

01/09/2007

Je suis pastiché par un type: Pascal Fioretto, c’est la première fois que me revient un tel honneur. Il ridiculise mon style en forçant le trait sur les anglicismes, les marques, la drogue, le sexe, le fric, les slogans, les filles dont les prénoms se terminent en a. C’est tellement réussi que je décide de tout changer: à partir d’aujourd’hui, je n’écrirai plus que des romans de Maurice Genevoix.


LE FIGARO LITTERAIRE

Décryptage d’un succès
Fioretto met les lettres françaises au pastiche

Par MOHAMMED AÏSSAOUI
08/11/2007

En se moquant avec talent des romanciers, l’auteur de « Et si c’était niais », s’est distingué dans cette rentrée littéraire.
En pastichant la rentrée littéraire, Pascal Fioretto, auteur de Et si c’était niais ? (Chifflet & Cie) a volé la vedette à de nombreux auteurs. Non seulement, la presse a fait l’éloge de ses pastiches, mais il a déjà vendu près de 14 000 exemplaires.
L’auteur. Né en 1962, Pascal Fioretto a d’abord obtenu un bac scientifique, puis a passé un bac littéraire. Pour ensuite suivre des études de mathématiques, et décrocher un diplôme d’ingénieur chimiste. À 40 ans, il décide d’arrêter sa carrière d’expert en risques technologiques majeurs pour essayer de vivre de sa passion : les lettres. Il rejoint la célèbre équipe des pasticheurs Jalons, dirigée par Basile de Koch. Il a également travaillé pour Fluide glacial. Avant de publier Et si c’était niais ?, ce « nègre » de l’édition a déjà écrit une parodie du Da Vinci Code et deux livres avec Albert Algoud.
Le livre. Le fil directeur de Et si c’était niais ? est ténu – un éditeur attend le manuscrit de Christiane Anxiot pendant que des écrivains disparaissent de façon inexplicable. Mais quelle force, avec ces onze pastiches jubilatoires. Les titres, et les noms des auteurs détournés, sont des promesses que Pascal Fioretto tient avec maestria. Impossible de ne pas rire à la lecture de ces textes : Pourquoi moi ? par Christine Anxiot, Barbès Vertigo par Denis-Henri Lévy, Ils ont touché à mes glaïeuls (Journal, tome XXII) de Pascal Servan, et Frédéric Beisbéger avec 64 %. Travestissements réussis parce qu’on sent que Fioretto connaît intimement la prose de ses victimes. Il grossit leurs travers, c’est tout. Christine Anxiot y est sublime, qui dit à son interlocuteur : « Tu es méchant, méchant, méchant, méchant. Je vais mettre ton nom dans le prochain livre. »
Le succès. Ce sont les pastichés eux-mêmes qui en parlent le mieux. Ils en disent du bien. Beau joueur, Bernard Werber (qui apparaît sous le nom de Bernard Werbeux, auteur de Des fourmis et des Anges) a été élogieux. Quant à Jean d’Ormesson (dans le livre on le reconnaîtra en Jean d’Ormissemon, de la française Académie, qui aurait écrit C’était rudement bath’), il s’est fendu d’une jolie lettre à l’adresse de Pascal Fioretto. Extrait : « Je ne sais pas si je me suis corrigé mais je me suis beaucoup amusé. Merci de tout coeur ! Bien à vous… » Après tout, les pastiches ne sont-ils pas une sorte d’hommage rendu aux auteurs ?


24heures

La bombe puante de la rentrée

Le journaliste de Fluide glacial et nègre Pascal Fioretto épingle les tics et manies d’écriture des stars actuelles de la littérature française dans « Et si c’était niais », un recueil de pastiches irrésistiblement décalé.

ANNE-SYLVIE SPRENGER

16/10/2007

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça balance grave du côté de la rive gauche parisienne.

Plus que jamais les mauvaises langues rient et cancanent ensemble sur les traits un peu grossiers et autres tics de langage des poids lourds de la littérature française.

La raison de tant de persiflages? La sortie du livre de Pascal Fioretto « Et si c’était niais », un recueil de pastiches sous forme de polar dans le milieu de l’édition parisienne. Avec un sens aigu de la dérision et une vraie délectation, le journaliste de Fluide glacial et nègre littéraire s’y paie la tête, entre autres people littéraires, d’Amélie Nothomb (pastichée sous le nom de Mélanie Notlong), Christine Angot (Christine Anxiot), Marc Levy (Marc Lévis®), Bernard-Henri Lévy (Denis-Henri Lévy), Anna Gavalda (Anna Gavaulda), Bernard Werber (Bernard Werbeux), Frédéric Beigbeder (Frédéric Beisbéger) ou encore Jean d’Ormesson (Jean d’Ormissemon).

Un petit régal, tour à tour décapant ou plus facile, mais toujours terriblement drôle et méchant. Le pasticheur n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, il avait notamment sévi avec les parodies Gay Vinci Code et Le monde d’Anne-Sophie.«Sceptic blaggeur» pour certains, «opportuniste» pour d’autres, Pascal Fioretto jubile, tel un gamin fier du sale tour qu’il vient de jouer.«Avec ce livre, on sème le bordel. Si vous saviez comme c’est jouissif! J’ai l’impression d’avoir fait une grosse blague en jetant une boule puante dans la rentrée littéraire.»  S’il concède qu’un pastiche littéraire semble toujours plus agressif qu’un sketch d’un imitateur, Pascal Fioretto assure que l’on peut très bien pasticher un auteur que l’on aime.«Ce n’est pas foncièrement contradictoire. D’ailleurs, je suis tombé sous le charme des livres d’Anna Gavalda et j’ai de la tendresse pour d’Ormesson, ce vieux monsieur qui virevolte pour tromper le temps. Ça ne m’empêche pas d’en rire pour autant! La dérision n’est pas forcément une attaque, c’est d’abord un jeu.» «Nous avons tous des tics de langage, précise-t-il. C’est sûrement un peu facile de les épingler en les mettant bout à bout. Ce qui est plus drôle en revanche, c’est les caricatures que ces auteurs se sont eux-mêmes créées.» Ainsi de Nothomb et son côté «enfant surdouée des Lettres», qui ne peut ici accourir au secours d’une Angot aux prises avec une angoisse informatico-existentielle parce qu’elle doit finir son «roman quotidien».Ou encore de BHL qui tente «l’impossible» pour démasquer «la Vérité», lors du périple ô combien courageux de Barbès Vertigo, dans les quartiers populaires de la capitale. Fair-play, le pasticheur préfère ne pas s’exprimer sur les auteurs dont il «ne comprend vraiment pas le succès».Et rappelle encore que plus que de se moquer de ces stars de l’édition, il avait surtout envie, avec son éditeur, de bousculer le sérieux de la sacro-sainte rentrée littéraire: «On n’a pas inventé le genre du pastiche, Diderot en faisait déjà, mais c’est le moment qui nous enthousiasmait. Il y a des romans calibrés tout exprès pour l’automne et les prix, les journalistes s’arrachent les bonnes feuilles, c’est l’effervescence dans Saint-Germain. Je ne sais pas quel regard vous portez depuis la Suisse, mais j’espère que cela vous fait marrer. C’est quand même assez grotesque, cette grand-messe de la rentrée littéraire française:»  Le petit plaisir en plus? «Le malaise des pastichés qui se sentent obligés de dire qu’ils trouvent ça drôle. Sinon, ils passent pour des mauvais coucheurs. C’est terrible pour eux:», conclut-il dans un rire tout enfantin.

Et si c’était niais.Ed.Chiflet Cie, 203 p.


Marianne


Les «incontournables» sur la sellette

Rédigé par A. T. le Samedi 1 Septembre 2007

La rentrée littéraire vous exaspère? La parution simultanée de plusieurs centaines de, bons et moins bons, livres vous donne la nausée? La vision, sur les plateaux de télévision, de tant d’écrivains, pour certains convaincus d’être le nouveau Marcel Proust, provoque chez vous une poussée d’urticaire? Bonne nouvelle: Pascal Fioretto vous a concocté un remède de cheval. Une lecture quotidienne de quelques lignes de son dernier ouvrage devrait aider les plus allergiques à traverser cette saison difficile. Et si c’était niais? est un recueil de nouvelles pastichant les poids lourds de l’édition française. Pascal Fioretto s’est choisi des cibles de taille: de «Bernard Werbeux» à «Frédéric Béisbéger», en passant par «Mélanie Notlong» et «Christine Anxiot», la plume assassine et désopilante de l’auteur n’épargne personne! Première victime: le romancier Marc Levy, dont la «niaiserie» du style a donné son titre au livre. Mais Pascal Fioretto n’est pas tendre non plus avec Jean d’Ormesson, il raille les «bons sentiments »d’AnnaGavalda, taquine Y« aigreur arrogante» de Pascal Sevran ou déplore le côté «rédaction de quatrième» des textes de Bernard Werber…

«Je ne cherche pas à régler mes comptes avec le monde de l’édition, tient-il à préciser. Je joue plutôt le rôle du bouffon: celui qui, grâce au rire, ose dire les vérités que tout le monde pense tout bas.» Et le moins que l’on puisse dire est qu’il a réussi son coup, car ses pastiches font hurler de rire… autant qu’ils font froid dans le dos. Bien sûr, on pourrait lui reprocher de se moquer de la littérature populaire, mais ce serait bouder son plaisir, car il pastiche aussi essayistes et philosophes. Difficile de ne pas sourire à l’excellente parodie de l’American Vertigo de Bernard-Henri Lévy: «aventurier de la liberté, randonneur de la lumière et campeur de la raison»…


TELE 7 JOURS

ET SI LE GONCOURT OSAIT ?

Plus vous lirez, plus vous rirez en découvrant ces irrésistibles pastiches d’auteurs à succès. Exploitant leurs univers respectifs et leurs tics de plume, de Pascal Sevran à Marc Lévis, Mélanie Notlong à jean d’Ormissemon, l’auteur mène une intrigue qui n’est pas seulement prétexte à dévider son talent de faussaire : le manuscrit de Christine Anxiot, ultra attendu pour la rentrée, a disparu. La Police enquête…
Et si c’était niais ?, Chiflet & Cie,
214 pages, 15 €


PARIS UPDATE

(http://www.paris-update.com/fr/index.php)

Those unable or unwilling to read the hundreds of new books that will be jamming French bookstores this season can get the flavor of the stye of France’s leading literary lights and save a lot of time by reading Et Si C’Etait Niais (Chiflet & Cie) by Pascal Fioretto, a collection of clever, funny pastiches of the literary ticks of “Denis-Henri Lévy” (who sets out on a life-changing journey to the Right Bank of the Seine), “Mélanie Notlong,” “Christine Anxiot,” Fredéric Beisbéger,” “Fred Wargas” and “Bernard Werbeaux” and others.


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